Conditions d'observations

En astronomie, on tâche toujours de choisir avec soin le moment de l’observation par rapport à l’objet que l’on veut observer. Malgré tout, astronomes en herbe ou professionnels, la météo a toujours le dernier mot.

Après une première observation décalée pour cause de pluie, l’heure est venue pour élèves du collège de Saint Zacharie de contrôler, depuis leur établissement, le télescope ouest de C2PU[1]. Ce mardi 3 mars, la météo du plateau de Calern annonce pour la nuit « nuages épars et quelques cirrus ». Les cirrus sont ces nuages filandreux qui se forment entre 5.000 et 11.000 mètres. 

Installé à 1 280 mètres d’altitude pour diminuer l’influence des phénomènes atmosphériques et météorologiques pouvant gêner les observations astronomiques, le site de Calern, de l’Observatoire de la Côte d’Azur, ne pourra pas éviter ces nuages. Mais puisque les prévisions météorologiques ne sont pas 100% fiables, l’espoir de pouvoir observer Aegle est toujours permis !

18h30 : le ciel de Saint Zacharie est dégagé avec les quelques cirrus promis. Un temps qui pourrait convenir à l’observation. Mais à une centaine de kilomètres à vol d’oiseaux, à Calern, le temps est tout autre…

Ciel de calern sur toute la journée du 3 mars

La webcam de l’observatoire montre les coupoles entourées d’un brouillard dense. Avec une telle couche de nuages, impossible d’observer quoique ce soit, ni même d’ouvrir la coupole du télescope pour le moment ! L’humidité de l’atmosphère risquerait de se condenser sur le miroir, le salir, et empêcher les observations au cas où le ciel se dégagerait. Car justement, très souvent, le brouillard à Calern se dégage avec la tombée de la nuit. Tout n’est pas perdu !

La nuit tombe. La connexion au télescope C2PU est établie. Les élèves peuvent désormais voir l’instrument en direct dans sa coupole grâce à la webcam installée, le piloter, prendre une image de ce qu’il observe et recevoir des informations sur divers paramètres météorologiques à l’extérieure de la coupole. Sur le logiciel de la station météo, presque tous les paramètres sont au vert :

  • Température : 4°C
  • Pression atmosphérique : 870mBar
  • Vent : 4,5m/s
  • Pluie : aucune

Seul le taux d’humidité à 94 % figure en orange. La couverture du ciel, quant à elle, affiche en rouge : « très nuageux »…  Il oscillera durant la soirée entre « nuageux » et « très nuageux », mais ne permettra pas de faire une observation cette nuit-là, malgré nos espoirs.

Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit comme Olga Suarez, chercheuse à l’Observatoire Côte d’Azur, le raconte aux élèves.

« Parfois les scientifiques vont plusieurs jours au Chili pour faire des observations avec les télescopes du VLT (Very Large Telescope), et en arrivant : pas de chance, il fait mauvais temps».

Ces télescopes chiliens, installés à 2635 mètres d’altitude, permettent de faire des observations d’une grande qualité, grâce à leur taille et leur localisation. La météo y est aussi moins contraignante et l’atmosphère, très sèche et stable, altère moins la lumière qui nous arrive des astres.

Faute d’une observation faisable et d’une date à laquelle reporter la séance, les élèves vont tout de même mettre en pratique ce qu’ils ont appris : entrer les coordonnées d’une étoile, vérifier qu’elle est observable et enfin, orienter le télescope dans cette direction, bien à l’abri dans la coupole.

Ciel de Calern dans la nuit du 3 mars. Afin de pouvoir observer la couverture nuageuse en pleine nuit, l’image est prise avec une caméra très sensible qui montre la présence de nuages, même pendant la nuit.

[1] Centre Pédagogique Planète et Univers

- Mathieu Majérus