Coordonnées équatoriales

Quelque part dans le ciel, entre Mars et Jupiter, un astéroïde suit sa course. Comment s’y prendre pour le trouver et l’observer ? Voilà une question à laquelle les élèves du collège Saint-Blaise ont la réponse.

  Il y a plusieurs mois, les 6èmeA du collège de Saint Sauveur Sur Tinée ont accepté la mission qui leur a été proposé : observer l’astéroïde Aegle, récolter des données et les transmettre aux chercheurs de l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA). Cependant, un petit changement de programme a eu lieu. Les scientifiques de l’OCA ont besoin rapidement de données d’un autre astéroïde : 6100 Kunitomoikkansai. Il s’agit en fait d’un double astéroïde : un astéroïde principal, et un second, plus petit, tournant autour du premier. C’est celui-ci, et non Aegle, que les élèves vont observer.

Pour savoir où se trouve ce rocher errant, les élèves savent exactement comment procéder. Tout comme ils le feraient pour se rendre dans un endroit inconnu, ils vont utiliser ce qui tient lieu d’adresse à l’astéroïde : ses coordonnées équatoriales.

Sur Terre, pour se repérer, nous avons imaginé un immense quadrillage qui en recouvrirait la surface terrestre. Les cercles horizontaux sont appelés parallèles, tandis que les cercles verticaux, passant par les pôles, sont appelées méridiens. Ces lignes renseignent respectivement sur la latitude et la longitude.

Les élèves vont utiliser un quadrillage semblable, projeté sur le ciel, pour se repérer sur la sphère céleste. Les cercles horizontaux, également appelés parallèles, renseignent la déclinaison (dec.), valeur qui s’exprime en degrés. Les méridiens célestes sont aussi appelés « cercles horaires ». Ils nous renseignent sur l‘ascension droite (AR), qui équivaut à la longitude terrestre, et est exprimée en heures, minutes, secondes. Le trajet décrit par Aegle dans le ciel a été étudié par les astronomes professionnels qui ont pu reconstruire son orbite (son chemin autour du Soleil) et en déduire ses coordonnées à tout moment de l’année. Car ne l’oublions pas, l’astéroïde, dû à sa proximité avec la Terre, a un mouvement apparent dans le ciel important, et ses coordonnées changent en permanence.

Après vérification que les conditions d’observation [lien vers l’article] permettent l’ouverture de la coupole, la première tâche des élèves est de faire les premiers réglages du télescope. Pour ce faire, ils vont l’orienter vers une étoile dont la position est bien connue pour pointer le télescope, et ajuster également la mise au point.

Les coordonnées de HIP22797 (AR : 04h 54m 15s ; Dec : 02°26’26.4’’) sont recherchées dans une base de données par le logiciel TCS (Telescope Control Software). Avant de déplacer le télescope, il s’agit de bien vérifier qu’aucune erreur n’a été commise. Si, par une faute d’inattention, les coordonnées indiquées demandent au télescope d’exécuter un mouvement dont il n’est pas capable… il pourrait arriver à ses limites et rester bloqué, avec une perte de temps considérable pour le remettre en route ! Logan et Paul s’assurent que les coordonnées retrouvées par le logiciel se trouvent dans la région du ciel observable par C2PU.

Après quelques manipulations le télescope est prêt pour l’observation de Kunitomoikkansai !

Nouvelle saisie, des coordonnées de l’astéroïde cette fois – ci :

(Ascension droite : 05h 33m 15s ; Déclinaison : 24°19’16.2’’)

Vérifications : ok ! Après quelques secondes passées à se déplacer, le télescope Omicron atteint sa position. Quelques minutes supplémentaires seront nécessaires aux élèves pour se repérer au milieu des étoiles et identifier le tout petit point blanc qui correspond à Kunotoikkansai. La récolte des données peut commencer !

22 h 00, toutes les images de l’astéroïde ont été prises et l’observation touche à sa fin. Avant de partir et pour permettre aux élèves de partir avec une belle image astronomique aux yeux, Olga Suarez, chercheuse à l’observatoire propose d’entrer de nouvelles coordonnées. Quelques secondes plus tard…

- Mathieu Majérus